Yvan GOVAERTS
  • Comédien (ienne)
  • Réalisateur (trice) / Vidéaste
  • Promotion
    1955

    Né Yvan Govaerts en 1935 à Bruxelles, il est le fils du célèbre peintre Jean Govaerts et de Nelly Van Kelekom qui tenait des galeries d’art à Ostende. En 1951, il entre au Conservatoire national d’art dramatique de Paris, où ses condisciples se nomment Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Annie Girardot ou Claude Volter. Remarqué par Madeleine Renaud, il est très vite engagé comme acteur dans la compagnie Renaud-Barrault avec laquelle il joue entre 1952 et 1955 dans des rôles de composition, en alternance avec quelques petits rôles au cinéma (Les Trois Mousquetaires, André Hunebelle, 1953 ; La Castiglione, Georges Combret, 1954 ou Les Hommes en blanc, Ralph Habib,1955).

    Mais passionné de cinéma, il quitte le théâtre et Paris pour regagner Bruxelles, où il tourne tout premier film en 1954, un long court métrage Nous n’irons plus au bois, en 16mm, dans lequel il joue aussi. L’équipe travaille en participation et apprend son métier sur le tas. L’année suivante, il enchaîne avec son premier long métrage de fiction, Le Toubib, médecin du gang, qu’il écrit, produit et réalise. Il fonde son récit sur une histoire vraie et change le nom des protagonistes : un jeune chirurgien est mêlé à un gang bruxellois.Malgré l’interdiction d’exercer son métier qui le frappe à la suite d’un scandale, il soigne des gangsters ou des trafiquants qui ne veulent pas attirer l’attention de la police. Il distribue dans les rôles principaux des acteurs belges qu’il connaît ou qui travaillent à la radio, comme Raoul De Manez, Roger Dutoit ou Georges Randax. La chanteuse Barbara, qui réside alors à Bruxelles, tient même le petit rôle d’uns strip-teaseuse. Le scénario mêle détails d’opérations  chirurgicales et une poursuite entre gangsters et gendarmes dans Bruxelles. La société américaine Columbia sort le film en mars 1956, (…).

    C’est qu’Yvan Govar se place dès ses débuts dans la veine des cinémas de genre : polar, aventures et truculence, sans se formaliser de certains défauts techniques. En 1956, il réalise un film ambitieux, Le circuit de minuit, d’après la vie du coureur automobile Amédée Gordini et la pièce d’Aimé Declercq. Il choisit trois vedettes  françaises :Yves Vincent, Blanchette Brunoy et Albert Préjean et reprend quelques comédiens belges ainsi que Luc Varenne, le reporter des émissions sportives de la radio belge, dans son propre rôle. Le tournage se tient en partie dans les studios Sonart à Bruxelles puis sur le circuit de Francorchamps. Pour la longue séquence de la course automobile, il utilise dix caméras simultanément pour rester au plus près des moteurs et du bitume et « tourner une production où il n’y a place que pour l’action ». Si le film connaît une belle sortie, le succès estimé n’est pas encore au rendez-vous, à tel point qu’il doit renoncer à produire lui-même ses films (il n’a que vingt-deux ans !).

    Le producteur français Jacques Boris lui propose ensuite de réaliser un film en France, dans le style de la Série noire intitulé Y’en a marre. Ils choisissent d’adapter deux romans de Jean-Michel Sorel et d’engager des vedettes comme Dominique Wilms, René Dary, Yves Vincent, Barbara Laage et le jeune premier Pierre Trabaud qui venait de se faire remarquer dans Le défroqué de Léo Joannon. Le tournage en studio à Paris et quelques extérieurs à Anvers est difficile et interrompu plusieurs fois sur deux années. Si les progrès techniques sont réels,mais le film ne convainc pas vraiment. »

    Mais la chance sourit toujours aux audacieux. Avec des capitaux de la Warner Bros, mais aussi allemands et italiens, Yvan Govar parvient à réaliser en 1961 La Croix des vivants. Le scénario est un développement de son court métrage Nous n’irons plus au bois, écrit par deux scénaristes et écrivains de renom : Maurice Clavel et Alain Cavalier. La distribution réunit de très bons acteurs français (Roger Dumas, Marie Dubois, Madeleine Robinson, Alain Cuny), la star Pascale Petit, mais aussi Karl-Heinz Boehm (qui venait de triompher en empereur François-Joseph dans la série des Sissi avec Romy Schneider). Ce film s’inscrit dans la lignée des mélodrames de l’époque, renforcé par l’inspiration catholique distillée par Clavel. Comme la production avait été coûteuse,l’échec commercial fut d’autant plus mal accepté des studios producteurs.

    En 1962, Govar revient au polar avec Que personne ne sorte !,adapté avec l’auteur du roman Six hommes à tuer de Stanislas-André Steeman. L’adaptation permet de situer l’action à Bruges où sont tournés quelques extérieurs, l’essentiel du film étant réalisé près de Paris. On y retrouve un personnage phare de la littérature policière, le célèbre Monsieur Wens , interprété ici par Philippe Nicaud. Cette adaptation réunit un casting en or : Jacqueline Maillant, Jean-Pierre Marielle, Noël Roquevert, Maria Pacôme et Stéphane Steeman. Entre bouffonnerie, théâtre de boulevard et bonne humeur policière, ce film lorgne du côté des Tontons flingueurs de Georges Lautner, sans connaître le même succès, malgré une énergie évidente et une loufoquerie non retenue de la part de tous les acteurs, avec une prime à Philippe Nicaud qui enchaîne les déguisements pittoresques avec un aplomb irrésistible.

    C'était donc un passionné qui rêvait de réaliser un cinéma populaire, à l’instar des nanars ou des comédies pittoresques des années 1930. Mais cette audace et cette passion se retrouvent chez des jeunes gens qui, dans les années 2000, dans la foulée de la première Palme d’or de Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Rosetta, ont eu envie de se frayer un chemin dans le cinéma de genre. Cette émergence de cinéastes qui, grâce à la vidéo, peuvent tourner leurs films presque sans budget, dénote la même énergie et la même ferveur. Des réalisateurs comme Vincent Lannoo(Strass), Dominique Standaert (Formidable), Tom Geens (Menteur) ne sont pas éloignés de cet esprit frondeur et enthousiaste, pour qu’existe un cinéma belge loin des drames réalistes où d’aucuns voudraient le cantonner.Mais ceci est une autre histoire… »

    Extrait du dossier de presse - sortie du coffret DVD Yvan Govar - Come and See
    Source UniversCine.Be 

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