L’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Grèce est désormais occupée et auto-organisée par ses étudiant.e.s.

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Cette information est transmise par Athina Kefala, ancienne élève du CNSAD dans la classe d’Antoine Vitez.

À VOUS QUI NOUS ECOUTEZ : LE COMBAT CONTINUE / LE CONTEXTE DE L’OCCUPATION DE NOTRE ÉCOLE

L’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Grèce est désormais occupée et
auto-organisée par ses étudiant.e.s.
En ce moment en Grèce, des évènements sans précédent tous les jours : La justice grecque
acquitte des violeurs et des meurtriers de classe privilégiée, favorisés par l’État, le
gouvernement tente d’étouffer le scandale des écoutes téléphoniques, le système national
de santé est en train de s’effondrer, des réfugiés se noient dans la mer Égée sous la
responsabilité de l’État grec et une privatisation complète de l’éducation publique (gratuite)
se dessine. En même temps, des meurtres racistes sont commis par l’État, l’appauvrissement
de la population s’intensifie et nos diplômes d’études sont dévalorisées à cause de la
dégradation de la qualité de l’enseignement supérieur. Bien que cette situation existe depuis
2003, un décret présidentiel signé juste avant les vacances de fin d’année 2022 a porté un
coup de grâce à nos diplômes qui sont désormais équivalents au baccalauréat.
Le gouvernement dévalorise nos diplômes qui nous demandent une très forte implication
pendant toute la durée de nos études et au même moment valorise le diplôme de l’École de
Police Nationale d’une durée d’études de trois ans tout comme notre école. C’est important
de noter que cette décision a été prise dans un climat de violences et de bavures policières
accrues. Ce n’est pas une coïncidence que la valorisation du diplôme de l’École de Police
Nationale s’est produite selon un plan gouvernemental, cependant les annonces
préélectorales concernant les études artistiques restent plus que vagues. Il faut également
prendre en compte la Loi 4777 selon laquelle une police universitaire a été établie afin de
nourrir le climat de contrôle et de répression dans les espaces de liberté et de lutte que sont
les universités grecques.
Les priorités du gouvernement sont claires : D’une part, le « coup médiatique » concernant le
prêt (non pas la récupération) des sculptures du Parthénon à Athènes qui se trouvent
actuellement au British Museum, et d’autre part, la concentration sur les sujets gréco-turcs
et sur les dépenses militaires, c’est-à-dire l’acquisition d’équipements militaires et d’avions
de combat. Ainsi, alors que le gouvernement veut apparaître capable de mener une
politique de communication et une politique économique précise, il est tout à fait incapable
d’apporter une solution aux problèmes majeurs qui concernent nos études, nos vies et notre
avenir.
Nous ne doutons pas que le gouvernement actuel, ainsi que les anciens gouvernements,
n’aient aucune idée et ne se préoccupent pas de ce qui se passe dans les Écoles supérieures
d’arts et en particulier dans les Écoles publiques d’art dramatique qui sont en sous-effectif et
sous-équipées. En tant qu’étudiant.e.s, même si nous faisions des études très exigeantes
(nous y consacrons jusqu’à 10 heures par jour) et que nous soyons sous la tutelle directe du
ministère de l’Éducation, nous sommes privé.e.s de tous les droits dont disposent les
étudiant.e.s d’autres universités grecques tels que l’accès au restaurant universitaire, aux
résidences universitaires, aux bourses gouvernementales, aux livres gratuits et aux
réductions pour les transports en commun. L’exclusion des étudiant.e.s des Écoles
supérieures d’art rend les études un rêve impossible pour celleux qui n’en ont pas les
moyens.
En raison de nos études exigeantes, il est hors de question de travailler après les cours et

c’est pour cela qu’une solution immédiate doit être trouvée par rapport à l’alimentation et le
logement des étudiant.e.s. Il s’agit d’un problème majeur que le ministère de l’Éducation et
de la Culture ainsi que le gouvernement choisissent d’ignorer complètement. Par
conséquent, les inégalités sociales deviennent une partie intégrante des études artistiques.
Notre faculté a récemment mis en place un programme d’études financé par les Fonds
structurels et d’investissement européens (FSIE). Ce programme est très intéressant et bien
accueilli par les étudiant.e.s , mais en même temps il est très exigeant. Ainsi, beaucoup
d’étudiant.e.s sont confronté.e.s à des problèmes financiers. Comment est-il possible que
nous devions assister à des heures de cours supplémentaires dans le cadre de ce nouveau
programme et qu’en même temps un tel décret présidentiel soit approuvé ? C’est un vrai
paradoxe car des séminaires sont organisés et des nouveaux programmes sont introduits qui
prouvent le haut niveau de nos études. Or, cela ne se reflète pas dans la valeur de nos
diplômes.
Cette décision gouvernementale est la cerise sur le gâteau comme les arts contemporains et
les arts du spectacle sont déjà discrédités depuis très longtemps. Les exemples sont
multiples : Une autorisation pour exercer la profession d’artiste n’est plus nécessaire, les
répétitions avant les spectacles ne sont pas rémunérées, et l’exploitation par le travail est
devenue la norme pour les artistes.
Nos diplômés ont cessé d’être de niveau Bac+3 depuis 2003. Cependant, par ce décret
présidentiel, nos diplômes sont désormais équivalents au baccalauréat alors que la création
d’une académie supérieure d’arts du spectacle fait partie des revendications des syndicats
depuis des années. Nous réagissons de manière militante et demandons que nous soyons
accordé.e.s l’ancien statut qui existait avant 2003. Nous demandons également la création
de nouvelles Écoles supérieures d’arts du spectacle gratuites dans tout le pays afin d’attirer
celleux qui s’intéressent aux arts.
La communication non officielle du gouvernement grec à la suite de la réunion qui a eu lieu
le 9 janvier 2023 a pour but d’empêcher les mobilisations des étudiant.e.s et des syndicats.
En faisant de fausses promesses à propos de la classification des études artistiques selon
différents critères le gouvernement essaie de nous faire passer la pilule. L’Association des
Étudiant.e.s de l’École « Supérieure » d’Art Dramatique du Théâtre National de Grèce a décidé
d’occuper l’établissement de l’École pour dénoncer cette décision. Nous continuons notre
combat parce que nous voulons et nous exigeons une solution immédiate. Nous
continuerons à mener notre combat dans lequel nous nous sommes lancé.e.s avant les
vacances de Noël malgré les promesses électorales du gouvernement.
L’occupation de notre École est le moyen le plus important (!) qui relie le mouvement
artistique et étudiant tant que nous nous opposons aux politiques du gouvernement. Les
cours sont interrompus et la « normalité » que l’on nous impose est perturbée. Nous
demandons à la Direction Artistique du Théâtre National et de toutes les institutions
culturelles, du milieu du théâtre et des arts, de nous soutenir dans notre combat.
Nous, les étudiant.e.s, souhaitons être une partie intégrante du mouvement étudiant et
militant. Nous saluons l’occupation de l’École d’Art Dramatique du Théâtre Municipal et
Régional de Patras et l’occupation de l’École du Théâtre National de la Grèce du Nord. Par la
suite, nous appelons les étudiant.e.s de toutes les universités grecques à nous rejoindre
dans notre combat et à toute la société grecque à nous soutenir. Nous avons, nous aussi,

exprimé à plusieurs reprises et continuons d’exprimer notre soutien aux mouvements
étudiants contre la répression de l’État grec et de la police universitaire. Nous avons
également exprimé notre opposition à tout comportement raciste, sexiste, fasciste, abusif,
homophobe, transphobe, et validiste. Il s’agit des phénomènes qui se constatent à des
degrés divers dans toutes les disciplines et professions.
Nous soutenons la proposition de l’Association des Étudiant.e.s de l’École d’Art Dramatique
du Théâtre Municipal et Régional de Patras. Nous demandons donc à tous.tes les artistes de
participer à la grève et d’intensifier les mobilisations jusqu’à ce que nos revendications
soient satisfaites.
Nous sommes solidaires et soutenons les revendications exprimées par d’autres Écoles
d’arts également.
Nous exigeons donc :
– Le retrait IMMÉDIAT du décret présidentiel 85/2022.
– Une solution IMMÉDIATE à la question de la classification de nos diplômes : Étant donné la
particularité de nos études, nos diplômes doivent être équivalents au niveau Bac+3 selon la
classification du système public. Nos diplômes doivent être reconnus officiellement par l’État
pour pouvoir accéder également à un emploi dans la fonction publique. Nous demandons
que TOUS.TES les diplômé.e.s des Écoles d’art et des conservatoires deviennent titulaires
d’un diplôme de niveau Bac+3 (comme c’était le cas jusqu’en 2003).
– Tous.tes les diplômé.e.s qui ont fini leurs études depuis 2003 doivent être titulaires d’un
diplôme de niveau Bac+3 également.
– Accès aux restaurants universitaires, à la résidence universitaire, aux livres gratuits, aux
bourses gouvernementales et aux allocations pour tous.tes les étudiant.e.s des Écoles sous
la tutelle du ministère de l’Éducation.
– La dotation en personnel des Écoles Publiques d’Arts du Spectacle et approvisionnement
en matériaux pour répondre aux besoins de nos études.
– La création immédiate d’une Académie publique d’arts du spectacle et d’Écoles fédérées
dans toute la Grèce.
– Accès à l’enseignement supérieur pour les diplômé.e.s des Écoles supérieures d’arts et à
une année d’études supplémentaire dans une Université d’arts du spectacle.
L’Assemblée de Coordination des Étudiant.e.s de l’École Supérieure d’Art Dramatique du
Théâtre National de Grece.

Στις Τρίτη 14 Φεβρουαρίου 2023, 11:40:02 μ.μ. EET, ο χρήστης Rue du Conservatoire <info@rueduconservatoire.fr> έγραψε:

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