Comédien, metteur en scène et pédagogue, Pierre Vial a collaboré avec Jean Dasté, avant de lui succéder à la tête de La Comédie en 1970. Il a été ensuite professeur au Conservatoire supérieur d’art dramatique, et a rejoint la troupe de la Comédie Française en 1989, dont il devient le 512e sociétaire en 2005. Figure majeure de la scène française, Pierre Vial a participé aux aventures les plus marquantes de la décentralisation théâtrale, depuis ses débuts au festival de Valréas jusqu’à son compagnonnage au long cours avec Antoine Vitez, en passant par la Comédie de l’Ouest, le Théâtre Quotidien de Marseille et La Comédie de Saint-Étienne.
Il laisse une trace profonde et vivante dans l’histoire du théâtre, et dans l’esprit de toutes celles et tous ceux qu’il a formé ou avec lesquels il a travaillé.
Toute l’équipe de La Comédie adresse à ses proches, ainsi qu’à celles et ceux qui l’ont connu et aimé, ses plus sincères condoléances.
C’est avec une grande émotion que nous apprenons la disparition de Pierre Vial, survenue le 20 décembre 2025, à l’âge de 97 ans.
Comédien, metteur en scène, directeur de théâtre, pédagogue, Pierre Vial, entré dans la Troupe en 1989, nommé 512e sociétaire en 2005, était sociétaire honoraire depuis 2010.
« Pierre, qui jusqu’aux derniers jours lisait Victor Hugo avec passion, a traversé plus de soixante ans de notre histoire théâtrale. N’ayant jamais eu peur de se confronter à des esthétiques nouvelles ou d’embrasser des aventures théâtrales audacieuses, son insatiable curiosité a toujours nourri son attention aux jeunes générations et son appétit à transmettre. Pour beaucoup, il fut plus qu’un professeur, un metteur en scène ou un partenaire, il fut un véritable « père de théâtre » dont la principale obsession était de faire entendre jusqu’aux étoiles comme jusqu’au fond des cœurs, la voix sacrée des poètes. »
Clément Hervieu-Léger, administrateur général
Le Privilège des chemins- Laurencine Lot
Le Voyage de monsieur Perrichon – Cosimo Mirco Magliocca
Les Précieuses ridicules et On ne badine pas avec l’amour- Brigitte Enguérand
La Vie de Galilée et Comme il vous plaira – Claude Bricage
« Sa mémoire est un corps traversé par plus de cinq décennies d’histoires et de destinées théâtrales françaises.
Ce jeune apprenti comédien est bouleversé le jour où il découvre au début des années cinquante Bertolt Brecht et la comédienne Helen Weigel venus jouer avec la troupe du Berliner Ensemble au Théâtre des Nations, à Paris.
Revenu de la Guerre d’Algérie, le théâtre est pour ce jeune homme plus qu’un second souffle : une renaissance, un métier qu’il pratique avec calme et rigueur, laissant le temps comme un fil conducteur glisser dans sa main au cours d’un itinéraire initiatique.
Entré à la Comédie-Française le 27 mars 1989, Pierre Vial en devient le 512e sociétaire le 1er janvier 2005. Engagé par Antoine Vitez, il joue tout d’abord Pierre Detouche et William dans Comme il vous plaira de Shakespeare, mis en scène par Lluis Pasqual (1988), puis Philippe Strozzi dans Lorenzaccio d’Alfred de Musset, mis en scène par Georges Lavaudant (1988) ou encore Foresight dans Amour pour amour de William Congreve, mis en scène par André Steiger (1989).
Jean-Pierre Vincent le choisit pour interpréter le rôle de M. Fal dans La Mère coupable de Beaumarchais, Salle Richelieu (1989). Il incarne, aux côtés de Roland Bertin, le rôle de Priuli dans la dernière mise en scène d’Antoine Vitez, La Vie de Galilée de Bertolt Brecht, dans la scénographie crépusculaire et magnifique de Yannis Kokkos. En 1992, il joue successivement le Chœur dans Antigone de Sophocle, mis en scène par Otomar Krejca, puis Maître Agapito dans La Serva amorosa de Carlo Goldoni, dirigé par Jacques Lassalle. Il interprète Théramène dans Phèdre de Racine, mis en scène par Anne Delbée (1995), Liapkine-Tiapkine dans Le Révizor de Gogol, mis en scène par Jean-Louis Benoit (1999), Nazaire dans Le Mystère de la rue Rousselet d’Eugène Labiche, dans une mis en scène de Thierry de Peretti (2003), Hérode et le Chœur dans un montage de textes du poète portugais Fernando Pessoa, Le Privilège des chemins, conçu et mis en scène par Éric Génovèse (2004) ou encore L’Homme aux cannes et Vieille 1 dans La Maison des morts de Philippe Minyana, une création dirigée par Robert Cantarella au Théâtre du Vieux-Colombier, au cours de la saison 2006/2007. Il joue les rôles de Gorgibus dans Les Précieuses ridicules de Molière, au Théâtre du Vieux-Colombier, dans une mise en scène de Dan Jemmett (2007), M. Perrichon, dans Le Voyage de Monsieur Perrichon d’Eugène Labiche, mis en scène par Julie Brochen, ainsi que Escartefigue et le chauffeur de M. Panisse dans Fanny de Marcel Pagnol, mis en scène par Irène Bonnaud, toujours au Théâtre du Vieux-Colombier (2009).
Hors de la Comédie-Française Pierre Vial mène une carrière de professeur, notamment au Conservatoire national d’art dramatique, de 1975 à 1993, mais aussi au Théâtre national de Chaillot depuis 1998. Il est directeur de la Comédie de Saint-Étienne de 1970 à 1975.
Au théâtre, il joue notamment dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, mis en scène par Jean-Pierre Vincent (1987), La Mouette de Tchekhov, mis en scène par Andreï Konchalovsky, puis repris par Giorgio Strehler à L’Odéon-Théâtre de l’Europe (1989), Anna Christie d’Eugène O’Neill, mis en scène par Philippe Clévenot à la Comédie de Genève (2000). Il accompagne Antoine Vitez durant plus de quinze années de carrière, du Théâtre des Quartiers d’Ivry, en passant par le Théâtre national de Chaillot, jusqu’à la Comédie-Française. Pierre Vial joue dans nombre de ses mises en scène les plus marquantes, notamment Hamlet de Shakespeare, dans lequel il interprète le rôle de Polonius (1983) ou encore dans ce spectacle mythique qu’est resté Le Soulier de satin de Paul Claudel (1987).
Dès 1998, il prend part au projet de l’ARIA (association des rencontres internationales artistiques) fondée par le comédien Robin Renucci en Corse, à travers différentes mises en scène, interprétations ou lectures.
Au cinéma il collabore notamment aux côtés de Bernard Revon pour son film Les Turlupins (1980), Georges Wilson pour son film La Vouivre (1989) ou encore dans la comédie populaire de Jean-Marie Poiré, Les Visiteurs I et II (1993 et 1997).
Il met en scène Le Déluge de Ugo Betti, L’Illusion comique de Corneille ou encore La Lève de Jean Audureau.
Pierre Vial a quitté la troupe le 31 décembre 2010. »
Une réponse à “PIERRE VIAL. LE SOUVENIR DEMEURERA.”
Merci Robin pour ces mots essentiels qui nous rappellent notre professeur, sa douceur, sa bonté et sa fantaisie. Je sais que cette écoute qu’il possédait a fait plus pour mon travail que toutes les consignes et discours reçus et entendus. Cela m’attriste aussi de réaliser qu’une jeune fille de vingt ans n’a pas du tout conscience de tout cela et j’espère qu’il a reçu de l’amour de ses élèves malgré tout. J’adore l’anecdote où il s’endort en scène… Il faut que quelqu’un la raconte! Le théâtre était vraiment sa maison. Continuons à l’aimer
Merci Robin pour ces mots essentiels qui nous rappellent notre professeur, sa douceur, sa bonté et sa fantaisie. Je sais que cette écoute qu’il possédait a fait plus pour mon travail que toutes les consignes et discours reçus et entendus. Cela m’attriste aussi de réaliser qu’une jeune fille de vingt ans n’a pas du tout conscience de tout cela et j’espère qu’il a reçu de l’amour de ses élèves malgré tout. J’adore l’anecdote où il s’endort en scène… Il faut que quelqu’un la raconte! Le théâtre était vraiment sa maison. Continuons à l’aimer
Odile Roire