Le 26 août 2014
par Catherine Gandois
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Vu le succès de ce spectacle LABEL, il est repris à l’affiche au Lucernaire, du 3 septembre au 8 novembre 2014 à 21h au Paradis
La Manufacture, L’Harmattan et le Lucernaire présentent
53, rue Notre Dame des Champs – 75006 PARIS
métro Vavin – Notre Dame des Champs
Réservation : 01 45 44 57 34 – ou par
billetreduc.com
Pendant que Natasha construit sous nos yeux le puzzle qui lui permettra de restituer l’histoire de sa grand-mère Germaine, la mémoire de cette dernière se déconstruit jusqu’à la perte. Seule en scène, Natasha va par petites touches faire revivre Germaine par son langage et ses petites manies, au travers d’anecdotes diverses et de l’histoire particulière qu’elle a vécue pendant la guerre. Dans un souffle facétieux, Natasha pose sur le plateau une voix, une vie en tous sens, un vrac éblouissant, espiègle et poignant.
Avec « J’ai de la chance », Laurence Masliah met en mots et sur scène, sa soif de transmission intergénérationnelle et restitue de manière sensible des souvenirs universels. Un théâtre dans tous ses éclats.
Voir le teaser du spectacle
Extraits de presse
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- Rébecca Hazan (30 oct. 2013) « J’ai de la chance » Laurence est habitée par la grâce. Quelle évocation cette histoire de famille ! Dès le début, nous sommes happés vers une autre dimension : entre la grand-mère brodeuse -est-ce une des rescapées des enfants de Moissac ?- et la petite fille aimante, tout un champ (chant) de possibles nous est offert. Dès les premières paroles, plane une sorte de joie nostalgique. Le présent de la petite fille-rapporté par Laurence Masliah, en actrice -est hanté par la lignée des femmes qui l’ont précédée, la mère, la grand-mère et tout cela forme une suite de poupées russes, emboitées les unes dans les autres & dont on ne voit déjà plus les jointures. Qui parle ? Qui évoque-t-on ? On entend des femmes d’un beau caractère, jouant à être sans concession. Langage émaillé de revendications cahincaha : ira, n’ira pas en maison de retraite ? Quelle femme a cousu, brodé, aimé les travaux d’aiguille ? Et celle qui offre de menus services à ces voisins, charmés par son aura, qui est-elle ? Qui parle en écho dans la langue de Molière ? Dès l’abord, on voit chez ces femmes, de la plus jeune à la plus âgée (est-elle morte depuis ?) qu’elles ont reçu en héritage une sorte de joie. Une joie mise à l’épreuve du temps : que les circonstances terribles n’ont pas entamée. Guerre & shoah n’ont fait que renforcer ce sentiment teinté désormais d’un réalisme enchanté. Qui a vécu malgré la horde nazie ? Où est la mère de la narratrice ? Qui parle à travers toutes ces voix ? Dans cette mise en abîme, sont-elles ces « voix chères qui se sont tues » ? À moins qu’elles ne parlent d’une seule voix, à présent que certaines ne sont plus de ce monde ? Face à toutes ces questions, pourquoi trancher ? Faisons place à ces paroles qui résonnent encore en nous… Tout peut-être à la fois d’hier, d’aujourd’hui & de demain. Toutes ces vies sont tissées d’une joie généreuse, partagée et transmise de génération en génération. On donne, on coud, on rit avec les autres qu’ils soient du cercle familial ou non : on partage tout, naturellement. Ça, c’est ce qu’elles ont en commun. Individuellement, chacune a son originalité ou sa marotte : l’une a choisi les travaux d’aiguille, l’autre la maladie d’Alzheimer et l’autre d’habiter la langue française. Quel « pataquès » pourrait-on dire, pour imiter la narratrice. Cette pièce est une broderie à plusieurs mains, ou un tapis de haute lisse où lissier, coloriste, artiste, et public participent à ce petit miracle qui advient à chaque découverte-représentation. Jamais la pièce ne sombre ni dans la banalité, ni dans l’extravagance des sentiments. Tout est juste, arachnéen, à sa place. Un brin de mélancolie plane, la vie se raconte sous nos yeux & malgré les sujets difficiles abordés. L’actrice opère en magicienne des mots, grâce aux situations qu’elle donne à voir. À la fin de la représentation, les spectateurs dont j’étais, quand Laurence s’en va, restent assis médusés par tant de légèreté mêlée à tant de profondeur. Chacun hésite à se lever de peur de rompre le charme. Tendresse des liens familiaux à travers trois voix de femmes qui se confondent, se racontent & se traduisent l’une l’autre en langage fraternel et généreux. Et cela continue… Le lien ténu est là comme la chaîne et la trame de cette histoire familiale où rien de ce qui unit n’est laissé de côté : ni les gestes des unes, ni le rythme parfois saccadé des autres, ni la lumière qui habite chacune d’elles de façon si particulière et si touchante à la fois. Si bien qu’en sortant de ce spectacle si émouvant je me suis dit : « J’ai eu de la chance, moi aussi ! »
- Henri Mainié (9 nov.) Chère Laurence, tu sais comme j’avais aimé ton texte. Je n’imaginais pas à quel point je serais ému en te voyant l’interpréter. C’est sans doute ta grande retenue qui m’a permis d’être à ce point touché. Je n’imaginais pas non plus à quel point la scène grandirait le propos : une mémoire se désagrège tandis que l’Histoire file, file, file. Moissac, comme une étoile qui scintille encore mais s’éteindra. Vertige. Je n’imaginais pas enfin avec quelle habileté le théâtre serait évacué : pas de théâtre ici, mais une cérémonie, une invitation à se recueillir, à s’élever grâce à toi. Tu fais montre d’une intelligence, d’une sensibilité et d’une dignité remarquables. J’espère que ce moment partagé trouvera la place qui lui revient dans les grands spectacles de cette saison (…)
- Martine Broïdo (23 nov.) Je désire partager avec vous une grande émotion. J’ai vu une pièce de théâtre de Laurence Masliah « J’ai de la chance » qui est jouée, certes, dans une petite salle, mais je tiens à vous alerter sur le fait que le nombre de spectateurs est inférieur à celui du nombre de places. Sur scène, une seule comédienne, Laurence Masliah. Parfois, elle est Natasha qui s’adresse rudement, avec douleur, à sa grand-mère pour la faire revenir dans le présent. Parfois, elle est sa grand-mère qui coud tandis que sa vie se détricote et qui voyage du présent au passé. Pendant la guerre, elle était adolescente scout à Moissac. Et dans cet endroit où seules auraient pu régner la nostalgie d’un bonheur perdu et la résignation, elle nous parle de bonheurs (d’y avoir fait partie d’une chorale, d’y avoir fait la connaissance de celui qui deviendra son mari) et des actions de résistance. Derrière tout cet amour, beaucoup d’autodérision, d’humour : celui de Moissac, ses remarques sur les déformations de l’utilisation de la langue française, son adoration envers André Dussollier. Et nous, de balancer entre sanglots et sourires de tendresse. Et j’aime à penser que, si plus tard ma vie se détricote, je garderai précieusement ce moment magique où Laurence Masliah a eu le besoin et la générosité de partager avec nous cette transmission personnelle qui recoupe l’Histoire.
- Jean Pennec (4 déc.) … Vraiment, un très beau moment de théâtre, et, pour moi, de ce théâtre que j’aime tant, où le spectateur n’est pas tout à fait à sa place conventionnelle de « j’assiste à un spectacle » mais convoqué bien davantage dans son être et son temps réels, car c’est à nous directement que tu t’adresses pendant l’heure que nous passons avec toi. J’aime toujours ça quand la vieille notion de 4ème mur est remise en cause, quand la figure de l’acteur dépasse très largement celle de « je joue un rôle » pour devenir le témoin-acteur-passeur-créateur dont l’imaginaire se déploie au fil de la représentation, et cela (comme le reste) tu le fais merveilleusement… Et puis on n’en finirait pas de célébrer la structure du spectacle, du comment on court le risque de s’y perdre sans jamais s’y perdre tout à fait, et là bravo à toi, mais aussi à Patrick Haggiag et à Marina Tomé, ainsi, je suppose, qu’à Mariette Navarro… Voilà : beaucoup d’intelligence et beaucoup d’amour (et d’humour) dans ce spectacle, et ça fait du bien!
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- Xavier Béja: Un spectacle magnifique! La soirée de l’association Rue du Conservatoire de vendredi était un vrai succès. Le spectacle est très fort, très émouvant, un hommage à la mémoire qui se transmet, à la mémoire qui fuit, au théâtre, à la beauté de la langue française, Laurence Masliah est formidable de justesse, de pudeur, de liberté. Courez voir « J’ai de la chance ».
- Emmanuel de Sablet: (…) Tout est jubilation, y compris les moments d’émotion. Plaisir de se souvenir, plaisir de raconter, plaisir de jouer ! (…) C’est la vie, une vie particulière et donc universelle. Un art de vivre avec ses passions, ses manies, la vieillesse, la maladie, la tendresse, la transmission, l’humour ! Ah cet humour délicat et subtil et cet amour de la langue ! J’ai souri durant 1h10, quel bonheur ! (…)
Avec le soutien de la Mairie de Paris,
La Fondation pour la Mémoire de la Shoah,
et Rue du Conservatoire
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